Retour au Blog

Je croyais être paresseux. En réalité, je m'auto-sabotais.

[Journal de bord - Entrée n°1] Lancer son agence, c’est aussi affronter ses propres démons. Voici le premier que j’ai rencontré.

Par Frédéric Delavictoire
Publié le 02 Septembre 2025
4 minutes de lecture

Bonjour et bienvenue sur mon journal de bord. Si vous êtes ici, c'est probablement que, comme moi, vous êtes en train de construire quelque chose. Une entreprise, un projet, une nouvelle vie. Et vous savez que le chemin est tout sauf une ligne droite.

Depuis que j'ai décidé de lancer mon agence de création de sites web, je pensais que mes plus grands défis seraient de trouver des clients, de maîtriser les dernières technologies ou de rédiger des contrats en béton. Je me trompais.

Mon plus grand adversaire, depuis des semaines, c'est moi.

Entrepreneur pensif et frustré devant son ordinateur portable, symbolisant le blocage

Je vis ce paradoxe épuisant : savoir exactement ce que je dois faire, avoir l'envie profonde de le faire, et pourtant... passer mes journées à faire tout le contraire. Ranger mon bureau pour la dixième fois, me perdre dans des tutoriels YouTube sans lien avec mon travail, ou simplement fixer mon écran, paralysé.

À la fin de chaque journée, le même verdict tombait, lourd et culpabilisant : "Je suis paresseux. Je manque de discipline. Je ne suis pas fait pour ça."

Cette petite voix était en train de gagner. Jusqu'à ce que je comprenne que j'avais posé le mauvais diagnostic. Ce n'était pas de la paresse. C'était bien plus complexe, bien plus sournois. C'était de l'auto-sabotage.

La grande confusion : Paresse vs Auto-sabotage

Pendant longtemps, j'ai cru que la paresse était mon problème. Mais la paresse, c'est de l'indifférence. C'est ne pas avoir envie de faire quelque chose et l'assumer.

Ce que je ressentais, c'était tout l'inverse. Je me souciais énormément de mon projet. Tellement, en fait, que l'enjeu me paralysait. Cette tension entre mon ambition immense et la peur de ne pas être à la hauteur créait un court-circuit interne.

Ce n'était pas un manque de volonté. C'était un mécanisme de défense.

Mon cerveau essaie (maladroitement) de me protéger

La révélation est venue d'une conversation un peu surréaliste avec une intelligence artificielle. En mettant des mots sur mon ressenti, elle m'a éclairé sur ce qui se jouait en coulisses, dans mon inconscient.

L'auto-sabotage n'est pas une envie d'échouer. C'est une stratégie de protection pour éviter une douleur potentielle. Mon cerveau, en me poussant vers la distraction, essayait de m'éviter de me confronter à quelque chose qu'il jugeait "dangereux".

Concrètement, ce mécanisme se manifestait de plusieurs façons :

  • Éviter la vraie déception : Si je n'essaie pas vraiment, si je ne donne pas tout, mon échec sera moins douloureux. J'aurai l'excuse de ne pas m'être donné à fond.
  • Rester en sécurité émotionnelle : Se lancer à 100%, c'est se mettre à nu, c'est risquer le jugement. Ne pas s'engager pleinement, c'est une manière de rester dans une zone de confort, même si elle est frustrante.
  • Contrôler le jugement : En me dévalorisant moi-même ("je suis nul, je n'y arrive pas"), je prends les devants. C'est comme si je préférais me donner le coup de poing moi-même avant que quelqu'un d'autre ne le fasse.

Comprendre ça a été un soulagement immense. Je n'étais pas "cassé" ou "fainéant". J'étais juste humain, et mon système nerveux essayait de me garder en sécurité, même si ses méthodes étaient contre-productives.

L'ombre derrière le sabotage : le fameux syndrome de l'imposteur

Et puis, il y a l'autre face de la pièce. Le carburant de cet auto-sabotage : le syndrome de l'imposteur.

Cette impression constante d'être une fraude, que mes compétences ne sont pas réelles et que, d'un jour à l'autre, quelqu'un va venir frapper à ma porte pour me dire : "On vous a démasqué. Vous n'avez rien à faire ici."

Ça se traduit par des pensées comme :

  • "Je suis illégitime" : Même quand je réussis quelque chose, une petite voix me dit que c'était de la chance, un hasard, ou que j'ai trompé mon monde.
  • "Je ne suis pas encore prêt" : Je repousse sans cesse le moment de me lancer, car je me dis qu'il me manque encore cette compétence, cette certification, ce projet parfait dans mon portfolio.
  • "On va voir mes failles" : La peur panique qu'un client, un prospect ou un concurrent découvre que mon site n'est pas parfait, que mon processus a un défaut, et que tout mon château de cartes s'écroule.

Ce sentiment d'imposture crée la peur. Et l'auto-sabotage est la réponse que mon cerveau a trouvée pour fuir cette peur.

La première étape : changer de regard

Aujourd'hui, je n'ai pas de solution miracle. Je suis au début du chemin. Mais ma perspective a radicalement changé.

Quand je me surprends à dériver, au lieu de me flageller, j'essaie de me dire : "Ok, de quoi as-tu peur en ce moment ? Qu'est-ce que ton cerveau essaie de te faire éviter ?"

Passer du jugement à la curiosité. C'est la première étape.

Ce blog sera le journal de bord de cette exploration. Sans filtre. Parce que je suis convaincu que je ne suis pas le seul à vivre ça.

Dans le prochain article, on ira plus loin. On va plonger au cœur de la peur qui se cache derrière tout ça. Une peur viscérale, presque honteuse : la peur d'être démasqué.

Et vous, est-ce que ce diagnostic vous parle ? Vous êtes-vous déjà senti pris dans ce cycle de vouloir avancer tout en vous tirant une balle dans le pied ? Racontez-moi en commentaire, je serais ravi de vous lire.

Laissez un commentaire

Astuce : Utilisez les touches Win + . (Windows) ou Cmd + Ctrl + Espace (Mac) pour ajouter des emojis. 👍

Votre commentaire sera visible après modération.

Commentaires

Soyez le premier à partager votre expérience !

Vous vous reconnaissez ?
Transformons ce blocage.

Parfois, le plus grand obstacle, c'est de commencer. Mon processus est conçu pour vous apporter la clarté et la structure dont vous avez besoin pour enfin lancer le site web qui vous ressemble.

Planifier mon Appel Clarté

✅ Gratuit  •  ✅ Sans engagement  •  ✅ 15 minutes pour y voir plus clair